ORMUZ fermé : L’onde de choc se propage

07 03 2026
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Si Ormuz reste fermé 10 jours de plus, le pétrole risque de flamber au-delà des 150 voire 200$ selon le Financial Times.
 

 

Ma chère lectrice, mon cher lecteur,
 

Il est 5 heures du soir sur l’autoroute A3 entre Paris et l’aéroport Charles-de-Gaulle.
 

En pleine heure de pointe 4 grosses cylindrées s’arrêtent de front, barrant l’autoroute dans toute sa largeur.

 
Une dizaine de personnes en sortent…et tournent un clip de rap le temps de 2 ou 3 minutes.

 
Ne me demandez pas pourquoi je me souviens de cet obscur fait divers mais à la suite de la bronca suscitée par cette imbécillité, ledit rappeur s’est défendu niaisement : Il n’avait jamais bloqué l’autoroute que 2 minutes.

 
Évidemment non, les 2 minutes d’arrêt, créèrent une onde de choc faisant s’arrêter l’autoroute sur des kilomètres et il fallut plusieurs heures pour résorber le bouchon et faire redémarrer l’interminable file de voitures stoppées nettes.

 
Eh bien le pétrole, c’est pareil…

 

Si Ormuz reste fermé 2 à 3 semaines, il faudra sans doute un an, peut-être davantage, pour remettre la production en route.

Et si cette perspective paraissait incongrue il y a 4 jours, la destruction du réseau de communications et de surveillance américain, en particulier leur radar de détection à longue portée rend soudainement le blocage d’Ormuz bien plus réaliste.
 

Or la fermeture d’Ormuz est en train de créer une onde de choc, une réaction en chaîne sur la production de pétrole et de gaz dans la région qui risque fort d’entraîner des conséquences sur toute l’économie mondiale. Les marchés financiers commencent seulement à le réaliser.

 
La fermeture du détroit entraîne la mise à l’arrêt des bateaux qui entraîne à leur tour l’arrêt de leurs chargement qui entraîne le remplissage des stocks qui, une fois pleins, entraîne l’arrêt des puits.

 
Or dans la majorité des cas un puits de pétrole ou de gaz que l’on arrête a besoin de plusieurs mois pour être remis en route.

 
Peut-être vous rappelez-vous ce mois de mars 2020 pendant lequel le pétrole passa en territoire négatif :
 
Pourquoi certains producteurs furent-ils alors capables de payer pour être débarrasser de leur pétrole ?
 
Pour éviter de mettre les puits à l’arrêt et perdre de longs mois de production.

 
Le ministre de l’Énergie du Qatar avertit que tous les exportateurs du Golfe pourraient devoir arrêter la production « dans les semaines à venir » si la guerre se poursuit, avec un pétrole pouvant monter à 150$ et un gaz quasiment quadruplé.

 
Une fois Hormuz rouvert, le retour à l’équilibre passe par :

  • la remise en production progressive de champs brutalement arrêtés,
  • la réparation des installations physiques,
  • la reconstitution des stocks de sécurité et
  • la reconstruction de la confiance des armateurs et assureurs.
 

Et encore cela implique-t-il que le passage d’Ormuz soit à nouveau sécurisé.

 
Or les principaux radars de détection américains ont été détruits dont l’AN/FPS‑132, radar de détection de longue distance qui ne pourra être remplacé avant des années et que la flotte d’AWACS (avions radar) ne peut que partiellement compenser. Nous nous apercevons que le bouclier anti-missile américain et israéliens sont gravement compromis.

 
Il n’est donc pas évident que les États-Unis soient encore capable d’assurer la sécurité de la région.
 

Washington se retrouverait alors face à un dilemme cornélien : abandonner sa main-mise régionale ou au contraire s’enfoncer dans une guerre d’attrition hasardeuse qui nécessiterait des opérations au sol massives afin de détruire les missiles qu’ils ne sont plus capables d’arrêter.

 

Les marchés NE sont PAS efficients

À ce stade, certains d’entre-vous se disent sans doute que tout ce que je viens de vous raconter… ce sont des paroles en l’air. Après tout, les marchés sont efficaces et ils ont déjà intégré dans leurs prix l’analyse que je viens de vous livrer et si le pétrole vient de dépasser les 90$, nous sommes encore loin des 150 annoncés.
 

Ou pas… Le problème est que les opérateurs de marché raisonnent de la même manière. Puisque les marchés sont efficients, il suffit de suivre l’humeur des marchés.

 
Le chien se mord la queue : Les marchés sont efficients donc les opérateurs peuvent rester à la surface et finalement plus personne ne fait le marché sinon quelques grosses baleines initiées et les rares qui font l’effort de faire le boulot et ont le temps pour eux.

 
Les marchés eux, deviennent de plus en plus instables et comme je vous le disais hier, je crains que nous passions en mode panique de manière brutale à la manière du COVID en mars 2020. C’est d’ailleurs une analyse que je vois fleurir chez d’autres analystes, notamment Dario Capodici (JustDario).

 

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Généralement, quand BR trébuche c’est le moment où tout le monde panique et où la Fed intervient massivement. Le peut-elle encore ? Oui, mais le prix désormais, c’est l’inflation… Préparez-vous pour de la grosse inflation qui tâche.

 

RENDEZ-VOUS LUNDI SOIR

Le week-end risque d’être fort de surprises, cela a déjà commencé avec Poutine qui nous coupe à nouveau le robinet du gaz, Trump qui déclare victoire dans son coin… Et surtout lundi matin nous verrons dans quel état nous nous réveillerons. Nous en causerons lundi soir ICI. J’organise une nouvelle soirée EN DIRECT après le succès de celle de jeudi et les nouveaux développements.

 
 
Entre le risque d’embrasement financier et l’abandon du Golfe persique, il est difficile d’envisager pour Trump une sortie honorable de ce bourbier. Nous progressons dans ma crainte de montée aux extrêmes.

 
Plus que jamais à votre bonne fortune,

 
Guy de La Fortelle


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